Archivage des documents administratifsFaut-il choisir un cloud souverain ?

Les documents archivés dans des data-centers, ces énormes boîtes à chaussures qui concrétisent le « nuage », sont-ils plus en sécurité sur le sol national ou à l’autre bout de la terre ? C’est le sujet du « cloud souverain ».

En 2009, bien avant les révélations d’Edward Snowden¹, le gouvernement Fillon avait lancé un projet (Andromède) puis financé (via la Caisse des dépôts) deux clouds souverains : Numergy et Cloudwatt. 
La France contrait ainsi l’impérialisme américain (plus de 40% des data-centers de la planète sont installés aux USA avec 1744 unités répertoriées en 2016²), sécurisait ses données stratégiques et soutenait le développement d’une filière industrielle clef et à fort potentiel.

L’enjeu des archives
Peu appréciés des acteurs historiques qui ont grandi sans argent public, Numergi et Cloudwatt sont considérés 100% souverains. Mais on attend toujours une définition claire de la souveraineté ! Outscale, spin-off de Dassault Systèmes, est implanté sur trois continents mais garantit à ses clients la localisation des données. L’enjeu est là : le cloud à vocation d’archivage doit garantir à son client une traçabilité parfaite, à long terme. Comme le rappelle Serda, spécialiste du secteur : « l’archivage physique et électronique est au cœur du système d’information des entreprises³». Face à « l’infobésité », archiver est une vraie décision managériale, à un moment où l’historisation des documents des entreprises est réglementée et la dématérialisation documentaire devient la norme.

Les réglementées…et les autres
L’entreprise qui participe à un service public doit impérativement archiver ses données dans un espace qualifié de souverain. L’archivage des données de santé ou de documents appartenant au Trésor national est également soumis à des règles drastiques de territorialité. Quant aux entreprises de droit privé, sauf exception, elles pourront faire leur marché comme bon leur semble. Certains pays limitrophes disposent de data-centers à la fiabilité reconnue, la Suisse, ou protégés par une réglementation stricte, l’Allemagne par exemple. Mais la France est particulièrement bien équipée.

Afnor, ISO : intégrité
Si l’archivage de certains de leurs documents est règlementé et nécessite un audit –un accès physique aux serveurs - l’entreprise française privilégiera… un français ! Ikoula, Orange (et Cloudwatt), Numergy, Outscale et OVH, tous de taille internationale, ont prouvé leur solidité. Leurs réussites et/ou la composition de leur capital  offrent quelques gages rassurants.  On ne doit pas négliger l’offre locale, pertinente en matière de stockage : e-téra  aux environs de Toulouse ; Via-Numérica du côté des Savoie ; Oceanet Technology près de Nantes… et suivre les conseils de la SSII avec qui l’entreprise est en confiance. De manière générale plutôt que de penser contenant, on pensera contenus : une trentaine de sociétés sont spécialistes exclusives de l’archivage, qui n’est pas du stockage loin s’en faut !  Certaines offrent des services de consultation dynamique, d’autres disposent de la norme AFNOR 461  relative à l’archivage à vocation probatoire. De manière générale les prestataires, appelés tiers archiveurs,  se conformant à la norme NF Z 42-013 et à sa version étendue internationale ISO 14641-1  n’auront pas besoin d’être souverains: la qualification ISO les oblige à une intégrité sans faille.

En savoir plus : revue Archimag  www.archimag.com

Le summum sécurisé des data-centers de France est à Vitrolles : c’est l’un des trois centres de la Française des jeux.

¹ En 2013, un informaticien des services secrets américains, sous le nom de Verax (celui qui dit la vérit), révèle à la Presse l’ampleur de la politique d’écoute et de collecte des données personnelles conduites par les différentes agences gouvernementales américaines.
² Data center map, 2016
³ 3ème baromètre de la Gouvernance de l’information de SerdaLab
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